Juin 9th

Je pense trop

ByNolwenn | In Non classé

Si j’avais su … j’aurais du faire ceci plutôt que cela … je n’ai pas dit ce qu’il fallait … pourquoi cela m’arrive à moi ? … les ruminations mentales n’ont rien de productif, au contraire. Une récente enquête britannique a démontré que les personnes qui ont tendance à ruminer et à réfléchir à tout seraient plus sujettes à la dépression.

 

Plus de 30.000 personnes issues de 172 pays ont participé à l’étude* menée par  le Lab Uk de la BBC et l’Université de Liverpool sur la question des ruminations mentales. “Nous avons découvert que les personnes qui ne ressassent pas et ne se blâment pas pour les difficultés qu’elles rencontrent sont moins exposées à la dépression et à l’anxiété, même si elles ont vécu des événements négatifs”, explique Peter Kinderman, professeur de psychologie clinique à l’Université de Liverpool . Déjà connu comme un critère diagnostique de la dépression, le trop de bavardage mental peut donc en être aussi la cause.

Pourquoi rumine-t-on ?

Après avoir subi un événement traumatique, des pensées obsédantes envahissent l’esprit. On revoit la scène, on se dit qu’on aurait du faire autrement, on imagine d’autres issues. Dans ce cas, ces pensées ne relèvent pas forcément de la pathologie mais d’une tentative de rétablir une harmonie mentale, en confrontant l’événement traumatique à nos schémas mentaux préexistants.

Pour les ruminations qui ne proviennent pas d’un trauma, il s’agit d’autre chose. On croit réfléchir, mais on ne fait que s’enliser. A l’origine de la rumination, il y a un état d’âme, une manifestation d’hypersensibilité qui entraine des torrents de préoccupations  où s’enchevêtrent des séries de doutes, des inquiétudes pour le présent mais aussi reliées au passé et au futur.  Pour la psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol, il y a à la base d’une rumination une menace : « être abandonné, renvoyé, disqualifié, … » suivie immédiatement d’une peur. « Nous vivons alors une période de surchauffe cérébrale et d’agitation sensorielle : cinq cents idées à la seconde se bousculent dans notre tête, toutes visant à nous mobiliser pour trouver des solutions. »

L’émotion derrière la pensée

 « Je n’ai pas répondu ce qu’il fallait lors de la réunion d’équipe. Mon patron m’a regardée bizarrement. J’ai bien vu qu’il n’était pas satisfait, cela va mal se passer à mon prochain entretien de progrès, je vais me faire virer, c’est sûr. » Plutôt que tourner en rond dans des réflexions stériles et souvent culpabilisantes, nous aurions intérêt à prêter attention à l’émotion qui est là, à la comprendre et lui faire face, sans chercher à l’effacer, parce qu’elle indique notre sensibilité et qu’elle est le témoin de notre lien à la vie que nous menons. A s’enfermer dans le monde virtuel de nos pensées obsédantes, nous risquons de nous éloigner du monde et du moment présent. Les autres voient bien que nous ressassons, que nous ne sommes plus là, que nous évoluons dans un monde intérieur qui interdit tout échange, toute ouverture. Ce blabla itératif ne nous mène nulle part et accroît notre souffrance, en rendant notre quotidien compliqué alors que c’est déjà ce quotidien qui nous préoccupait. Le psychiatre Christophe André parle d’une « seconde dose de souffrance qu’on s’inflige en ressassant alors qu’on a déjà des problèmes. »

Comment arrêter le blabla mental ?

Les ruminations entrainant une confusion, il peut être utile d’utiliser des techniques visant à clarifier le problème. Avec  l’écriture, on sort ses idées de la tête et on commence à prendre du recul, favorisant une meilleure analyse. La méditation de Pleine Conscience, et son invitation à dire stop, à revenir  à soi en ressentant sa respiration, son corps, en observant ses pensées sans être englouti par elles, nous fait quitter le monde virtuel pour  un ici et maintenant stable et rassurant. Et si on ne s’en sort pas seul, les thérapies de type cognitivo-comportementale seront efficaces.

 

Biblio

– « Méditer jour après jour » de Christophe André

– « Comment apprivoiser son crocodile : Ecoutez le message caché de vos émotions pour progresser sur la voie du bien-être » de Catherine Aimelet-Périssol

– « Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant » de Christel Petitcollin

* étude publiée dans la revue scientifique Plos One

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EVENEMENTS :

« Méditer ensemble », soirée de pratique de la Pleine Conscience le 30/08/18

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