Eprise de liberté, attirée par la lumière, la mouche se colle contre la vitre. Avec courage et détermination, elle se relance inlassablement à l’assaut de la fenêtre et se heurte sans cesse dans un bruit feutré. Jusqu’à l’épuisement fatal.

C’est plus fort que moi

Nous sommes légions à imiter ces pauvres diptères. Nous courrons follement vers les mêmes écueils, en éprouvant les mêmes tristesses, les mêmes déceptions, en trouvant refuge dans les mêmes plaintes. Tout comme cette mouche, nous avons l’impression de ne pas être libre de nos mouvements. Quelque chose reste coincé, grippé, on ne parvient pas à s’ouvrir à la vie, vraiment. Ce « quelque chose » qui aurait les atours d’un Sphinx vilipendant chacune de nos tentatives à sortir la tête de l’eau se nomme l’INCONSCIENT. A la fois grincheux et bienveillant, ce grand marionnettiste nous dirige tantôt comme un pantin, « je ne peux pas m’en empêcher, je ne changerai jamais », et agit également comme pare-brise protecteur du pilonnage de stimulations tant positives que négatives auxquelles nous sommes soumis en permanence. Sans lui, nous ne tiendrions pas en place, et serions incapables de nous contrôler physiquement et psychologiquement. Il est, dans ce cas, le garant d’une forme d’équilibre.

Un disque dur illimité

Freud et Jung ont permis de comprendre les mécanismes de l’inconscient. Même si aujourd’hui, aucune imagerie cérébrale ne distingue plastiquement sa présence, il demeure une injonction validée par la psychanalyse. Nietzsche, dans Le Gai Savoir dit : « Longtemps on a considéré la pensée consciente comme la pensée par excellence. Maintenant seulement nous commençons à entrevoir la vérité, c’est-à-dire que la plus grande partie de notre activité intellectuelle s’effectue d’une façon inconsciente. » Ainsi, au moment où vous lisez ce magazine, votre inconscient via votre cerveau capture dans votre disque dur toute votre expérience : le décor où vous vous trouvez, les sensations d’assise sur la chaise, les bruits proches ou éloignés, l’infime douleur du poignet en tournant les pages, vous ne vous rendez sans doute pas compte de tout cela, mais l’inconscient lui capte tout, absolument tout. Il profite des exceptionnelles capacités d’analyse et de triage du cerveau pour devenir copropriétaire d’un stock de milliards de détails, reliés aux sens, aux paroles, aux émotions, etc. Tout est engrangé, mis au chaud. Et qu’importe que vous vous en serviez maintenant, plus tard, ou plus jamais.

Ma mère est capricieuse … euh, non ma femme est capricieuse

Freud parlait de deux variétés d’inconscient : les faits psychiques latents mais susceptibles de devenir conscients et les faits psychiques refoulés, livrés à eux-mêmes, incapables d’arriver à la conscience. Et c’est ce contenu refoulé qui nous pose tant des problèmes. Nos rêves, nos lapsus, et actes manqués sont autant de tentatives d’expression de l’inconscient. Imaginez le minotaure, enfermé dans son dédale  pour qu’il ne puisse s’en échapper, qui arriverait par moment à percer l’épaisse muraille qui l’entoure. Encore faut-il pouvoir repérer, décoder les messages délivrés de l’inconscient. Or, nous sommes parfois si englués dans une répétition de schémas et de symptômes qu’il nous est impossible de comprendre ce qui se passe. « J’ai toujours été fascinée de voir combien l’inconscient, cet « affreux », dès lors qu’on apprend à parler son langage, à décortiquer ses symboles complexes, à lui parler avec humour, à lui montrer qu’on n’a plus peur de lui, peut devenir un gros matou ronronnant, un bon copain, un associé, un allié capable de coopérer pour nous rendre heureux et paisibles » rassure  Liliane Holstein.

 

Biblio : «  Le syndrome de la mouche contre la vitre «  de Liliane Holstein – Ed. J.Lyon

Comments are closed.

EVENEMENTS :

« Méditer ensemble », soirée de pratique de la Pleine Conscience le 30/08/18

LIRE LA SUITE
  • Les articles

    Tous les articles
  • COPYRIGHT © nolwennhurart.COM - Webmaster Abc Info
    Site réalisé par