Oct 9th

 

« Confucius expliquait que si nous cherchons à nous faire une place, nous devons également en faire une aux autres. Si nous souhaitons pour nous-même un statut et du succès, nous devons nous assurer que les autres en ont aussi.* »

 

Souffrez en silence

Pendant son enfance, on apprend que la souffrance est mauvaise et qu’il faut l’éviter à tout prix. On finit alors par la considérer comme une chose insupportable, à fuir, à nier, à rejeter. On avale un antalgique au premier mal de tête, on consomme des biens et des substances pour se changer les idées. On enferme loin de nous dans des établissements spécialisés les gens différents, ceux qui sont âgés ou en fin de vie. Alors que ces souffrances nous concernent tous et que probablement, nous aurons à en traverser certaines, sinon toutes. Sharon Salzberg** raconte qu’au moment de la première campagne présidentielle de Ronald Reagan, on avait mis en valeur le modèle de la famille américaine, celle où il n’y avait ni souffrance, ni conflit. Sharon s’était alors étonnée : « Mais de quelle famille parlent-ils ?? ».

 

Sérum antivieillissement

Pour témoigner de la compassion, il est donc au préalable nécessaire de reconnaître la souffrance. La sienne et celle des autres. Quand nous entrons en résonance, devant notre télé, avec la détresse des enfants au cœur des conflits au Moyen-Orient, nous ressentons leurs émotions, nous pouvons les comprendre, nous nous mettons à leur place, nous sommes empathiques. Mais sans se connecter à des sentiments positifs reliés au fait d’agir d’une quelconque manière, « vous risquez d’en garder un sentiment de rage et de désespoir, ressassant l’injustice de cette vie », déclare le moine bouddhiste Matthieu Ricard***. La détresse empathique fait des ravages : 60% du personnel soignant américain souffrent de Burn-Out. La compassion, elle, fait plutôt du bien. La pratiquer permet de produire 100% en plus de DHEA, l’hormone qui lutte contre le processus de vieillissement et de baisser de 23% notre taux de cortisol, l’hormone du stress. De plus, James House, de l’Université de Michigan, a démontré qu’agir pour le bien des autres augmente nettement l’espérance de vie et la vitalité générale. Notre système immunitaire s’en trouverait plus fort et notre moral meilleur, avec un accroissement des émotions positives et de la satisfaction personnelle ressentie.

Le quadrathlon du cœur

La compassion est un processus multidimensionnel reposant sur 4 éléments clés : la conscience, le fait de reconnaître la souffrance ; l’émotion, éprouver de la sollicitude et se sentir connecté à la souffrance de l’autre ; la motivation, le souhait de la soulager; l’action, la volonté d’agir. Ce processus est comparable à un quadrathlon. On ne peut pas dissocier les différentes étapes pour parvenir au but. Eprouver de la compassion dépend de notre capacité à ouvrir notre cœur et à reconnaître notre humanité partagée avec tous les êtres du monde. Tous, sans discrimination. Alors que nous avons plutôt tendance à tout (et tous) passer au crible de l’évaluation limitante « j’aime/je n’aime pas ».  Elle dépend aussi de notre engagement à explorer, à accueillir et à accepter nos propres ombres.

Alors, nous pourrons rencontrer celle des autres. Vraiment.

 

 

Biblio

* Karen Amstrong « Compassion » – Ed. Belfond

** Sharon Salzberg « L’amour qui guérit » – Ed. Belfond

*** Matthieu Ricard & Wolf Singer « Cerveau et Méditation » – Allary Editions

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